Marche ou crève

Mon livre de chevet.

Mon livre tout court.

J’ai tellement lu ce roman édité sous le pseudo de Richard Bachman ! Et quand je vois l’état de ma troisième copie de poche de Marche ou crève, je suis persuadé que ce ne sera pas la dernière. Même si je ne l’ai plus lu depuis 3 ou 4 ans, cela compense avec les fois où je l’ai lu 2 fois d’affilée.

Alors pourquoi ?

Il est vrai que ce livre est loin d’être un best-seller, écrit correctement mais sans plus par un Stephen King qui souhaitait savoir si ces romans se vendaient pour leur contenu ou pour son nom. Sorti en 1979, il n’a pas reçu le succès qu’il méritait et ce n’est qu’en 1985 que ce livre explose à la vente une fois la supercherie Richard Bachman découverte. Pourtant la raison semble simple : l’histoire met en scène un adolescent de 16 ans, âge auquel j’ai découvert ce livre. Certainement une identification à ce héros dont je ne comprends pas encore aujourd’hui la décision de s’être inscrit à la longue marche (The long walk, titre original de Marche ou crève).

Le livre démarre sur une mère qui amène son ainé, Ray Garraty, adolescent qui a été sélectionné pour la longue marche, au lieu de rendez-vous pour le départ de cette épreuve où il rejoint les 99 autres participants. Et on est directement plongé dans le vif du sujet. Les 100 marcheurs vont devoir parcourir la plus grande distance possible sans jamais passer en dessous de 6,5 km/h en vitesse de marche. Si cela se produit, ils reçoivent un avertissement par minutes passées sous cette barre. Il faut ensuite marcher une heure à la bonne vitesse pour se débarrasser de son avertissement. On peut recevoir un second puis un troisième avertissement durant la longue marche, mais pas de quatrième. Au quatrième, on reçoit son ticket : une balle dans la tête. Le gagnant est donc le dernier en vie.

A peine une dizaine de pages lues et Garraty, qui a reçu le n°47, commence à marcher. Dans la longue marche, on n’est plus un individu, on est un numéro. Il découvre le petit groupe de marcheurs qui l’entoure, tous rapidement tiraillés entre le désir de survie, de gagner, et la peur de mourir seul. Doivent-ils lier des amitiés vouées à ne durer que 2 ou 3 jours dans le meilleur des cas, voire 2 ou 3 heures pour les premiers à recevoir leur ticket ? C’est là le premier point intéressant du livre, découvrir les personnalités des participants et la raison de chacun d’avoir osé s’inscrire pour le tirage au sort de la longue marche. Tous ont une justification  pour être un marcheur (on peut jusqu’à la veille du départ choisir de ne plus participer), mais la plupart se cache derrière un mensonge qui finit par se désintégrer, aucun secret ne résiste à la longue marche.

Outre les marcheurs, deux autres personnages sont très présents dans cette histoire. Le premier est incarné par le Commandant et ses escouades, dictateur impassible et stoïque en toute situation, qui apparaît comme un joker qui jaillit hors de sa boite tout au long de la longue marche pour parler au second personnage imposant du livre : la Foule. Cette foule qui grossit inexorablement, pour venir se repaître du massacre des marcheurs recevant leur ticket devant eux. Un parallèle assez intéressant avec les jeux du cirque de la Rome antique où les gladiateurs saluaient leur empereur avec la certitude qu’ils allaient mourir pour amuser une foule affamée de divertissement et de voyeurisme morbide, prête à accepter la tyrannie, une fois repue. Ici, les soldats chargés de donner les avertissements, à bord de véhicules équipés de radars pour contrôler en permanence la vitesse des marcheurs, semblent être des clones du Commandant, sans compassion ni sentiments.

Et la marche se poursuit. Encore et encore, cette impression constante de marcher avec eux. Mais comment peut-on marcher sans arrêt sauf si cet arrêt est la mort ? On découvre toutes les ressources que l’instinct de survie peut développer sur le corps et ce qu’il peut endurer pour ne pas mourir. Je ne vous dévoilerai pas la dernière partie de l’histoire dans le cas où je vous ai donné envie de marcher avec Garraty et les autres.

Je crois qu’avoir écrit cet article m’a donné envie de le relire encore…

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