Les vaisseaux du temps (Stephen Baxter)

Avoir écrit sur H.G.Wells a permis à ma mémoire de poisson rouge de faire ressurgir Les Vaisseaux du temps que j’ai dévoré il n’y a pas si longtemps que cela pourtant. Bon passons. L’auteur, Stephen Baxter est un écrivain de hard science-fiction, exactement comme Ben Bova. Mes recherches ont mis en évidence que son ouvrage le plus abouti est Titan, je l’ai commandé, je l’attend de pied ferme. Mais je m’égare…

Les vaisseaux du temps est un titre que je trouve mauvais une fois que l’on connait le sujet. Et le sujet n’est pas moins que la suite de La machine à explorer le temps de Wells. Une suite écrite presque un siècle après l’original, mais quelle suite !

Baxter décrit le réveil du héros, juste après son retour du futur alors qu’il n’a qu’une seule idée en tête, retourner sauver Weena, l’éloï, du danger des êtres barbares que sont les Morlocks. Il rassemble rapidement quelques affaires et enfourche sa machine gavée de Plattnérite (la substance qui permet de plier le temps) et retourne, aussi rapidement que lui permet son engin temporel, en 800 000 et quelques pour poursuivre sa mission de sauvetage. Mais Stephen Baxter nous emmène dans une direction temporelle différente. Commence alors le livre 1 de son roman.

Notre héros voyage vers une autre réalité que celle de Wells, où les morlocks sont des êtres d’une extrême intelligence. Nebogipfel, assigné à « étudier » cet humain différent qui prétend voyager dans le temps décide même de partir à l’aventure sur sa machine à ses côtés. De sauts d’époques en sauts d’époques, nous découvrons la rencontre du voyageur avec lui-même plus jeune puis une guerre contre les allemands qui ne s’est pas arrêtée en 1918, et où l’esprit de l’homme stimulé par le conflit a permis des bonds de géants dans les inventions. Ce passage très  steampunk dont La machine à voyager dans le temps est l’une des sources est à mon sens le plus réussi du roman. Le héros emmène ensuite toute une équipe qu’ils sauvent in-extremis de la mort, en faisant un autre saut dans le temps mais pour se retrouver cette fois à l’ère du Paléocène. Et c’est sous l’œil de cette entité étrange qu’il surnomme le veilleur que le roman se clôt en apothéose de paradoxe d’espace-temps et de dimensions, et de mondes parallèles.

Cette suite a pour qualité principale la cohérence du personnage du voyageur. Stephen Baxter a continué de lui faire appréhender toutes les situations avec son esprit d’homme du XIXéme siècle comme si Wells avait écrit cette suite lui-même. Le coup de génie venant de l’association du morlock Nebogipfel qui lui, venant d’un futur extrêmement éloigné où sa technologie semble incompréhensible même pour le lecteur, permet un tandem qui fonctionne à merveille. J’en ai trop dit, ou pas assez, et je vais choisir le camp du « trop » pour vous laisser découvrir ce roman par vous-mêmes.

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