John Carpenter

John Carpenter a été ma première grosse flippe au cinéma. Petit, j’étais déjà grand (en taille) et très fier d’avoir pu endormir la caissière du Calypso pour voir The thing, interdit au moins de 13 ans alors qu’il me manquait une année. J’ai bien sûr rapidement regretté dans un premier temps : la trouille que j’ai eu avec ce remake du génialissime classique The thing from another world de 1951. Je crois même avoir fait des cauchemars quelques nuits… Mais quel film, qui n’a hélas pas obtenu le succès mérité : il est sorti deux semaines après E.T. et la vision de l’extra-terrestre de Carpenter est bien moins bisounours que celle de Spielberg !

Mais j’ai voulu en voir plus du réalisateur (sans internet, des magazines comme Mad Movies ou l’écran fantastique faisaient parfaitement le job ^^) et découvert le premier Halloween, le seul, le vrai, Escape from New-York (New-York 1997 en français) qui fut un autre choc pour moi, autant par les acteurs, la réalisation ou la musique, et The Fog. A partir de là, John Carpenter est devenu un incontournable et j’ai toujours attendu ses productions comme les footeux attendent la coupe du monde.  Même son Christine, adaptation du célèbre roman de Stephen King est une réussite. Pourtant le film diverge du livre, Arnie était possédé par le propriétaire de la voiture alors que dans l’adaptation, c’est la voiture elle-même qui joue ce rôle.

En 1986, il investit son argent dans Big trouble in little China (Jack Burton dans les griffes du mandarin en français) qui fut un échec monumental au box-office. C’est pourtant un film tellement drôle avec son acteur fétiche Kurt Russell dans le rôle de l’anti-héros Jack Burton. Je ne préfère pas vous dire combien de fois j’ai vu ce film, vous allez me prendre pour un fou ! Après ce bide commercial, il a dû faire quelques films alimentaires qui sont néanmoins « Carpenter style », on y reconnait sa griffe personnelle : Prince of Darkness où il retrouve un autre de ses acteurs fétiches : Donald Pleasance, qui interprête le docteur Loomis dans Halloween ou le président dans Escape from NY, They live (Invasion Los Angeles en français) avec le surprenant Roddy Piper, catcheur, qui traite sans concession de la société de consommation, comme peut le faire Romero dans ses films de zombies, ou encore le village des damnés.

Après avoir remonté la pente, il se lance dans le remake d’Escape from NY, mais cette fois, à Los Angeles (Los Angeles 2013 en français) . Cinquième collaboration avec Kurt Russel et on sent bien que ses deux là s’éclatent à travailler ensemble. Ce tandem fonctionne à merveille. Puis ses réalisations se font rares, Vampires en 1998 avec James Wood et Ghosts of Mars, film qui n’a pas non plus marché, bien que la distribution était impressionnate : Jason Statham dans un de ses premiers rôles, Pam Grier, Joanna Cassidy, Ice Cube et Natasha Henstridge. Pourtant, le film est qualifié de trop Carpenter pour la plupart, parfait Carpenter en ce qui me concerne.

On classe souvent John Carpenter dans la même case que Wes Craven ou Dario Argento, réalisateurs de films d’horreur très productif dans les années 80, mais je pense qu’il mérite sa case personnelle. Bien sûr, je ne suis pas objectif, comme n’importe quel fan qui parle d’une de ses icones. Carpenter a été un autre des déclencheurs de mon imagination en histoires fantastiques et surnaturelles, il a pris grande part dans la construction de mon univers et je le place donc au panthéon de mon monde fantasmagorique.

Ce que j’aime dans son oeuvre et sa façon de filmer se retrouvent très souvent dans mes textes que j’imagine passés par le prisme de son style. On retrouve notamment cette touche dans mon procédé pour poser un personnage. L’exemple le plus parlant est l’introduction de Snake Plissken dans Escape from NY (voir la vidéo en dessous). Il ne parle presque pas, et écoute Bob Hauk (campé par l’excellent et regretté Lee Van Cleef). Ses postures, son regard et les quelques mots qu’il prononce, ajouté aux informations dont nous disposons par l’intermédiaire de son interlocuteur déclenchent tout un background imaginé et différent pour chaque spectateur. Trois minutes à l’écran et le personnage possède un profondeur bien plus intéressante que n’importe quel protagoniste plat et sans intérêt de nombre de films.

John Carpenter est un conteur d’histoire dans l’âme : chaque dialogue, chaque plan, chaque action est utile, voire indispensable à son histoire et c’est ce qui en fait un réalisateur à part. Ses productions indépendantes des gros studios hollywoodiens lui permettent d’avoir la main mise sur chaque secteur de ses oeuvres, de la musique au montage en passant par la photographie et la promotion. Hélas, cela a toujours été un handicap pour son succès immédiat, mais à postériori, ses films sont devenus cultes et incontournables dans la culture pop. En conclusion, John Carpenter est un réalisateur de génie 🙂

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Tu m’as donné envie de me faire quelques films de lui, c’est vrai que c’est un type foutrement doué !
    Merci pour cet article très instructif en tout cas 😀

  2. Oliver Krauq dit :

    Excellent alors ^^
    Dis moi ce que tu en auras pensé et lesquels tu auras visionné 🙂

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